"Voilà pourquoi la musique n'exprime rien, mais qu'elle est, tout simplement. Comme l'étoile polaire scintillante au sommet de nos têtes toutes les nuits, une bénédiction dans un monde sans dieux."
Michel Onfray


En 1960 j'avais terminé mes études musicales (piano) au Conservatoire de Nice. L'étape suivante devait être le Conservatoire de Paris. Mes professeurs, Emma Nogues puis Marguerite Long, m'ont déconseillé, à juste titre, d'embrasser la carrière de concertiste, trop difficile pour moi. C'est donc en amoureux de la musique que j'ai continué pour mon plaisir, tout en poursuivant mes études scientifiques à la Faculté des Sciences de Marseille.
Mais la musique allait être ma fidèle amie, ma passion. Que faire pour rester en contact avec la musique ? J'allais devenir ingénieur du son et enregistrer des concerts, tel était mon projet.
En 1965, je passai le concours d'entrée à l'Ecole Cinématographique de Vaugirard, section ingénieur du son. Arrivé à Paris, je découvris le Jazz, et ma vie fut boulversée par cette nouvelle passion. Avec un ami batteur, nous avions même créé un groupe au "Café de la Montagne". Encore aujourd'hui, le Jazz fait partie de ma vie de tous les jours.
Après quelques films comme ingénieur du son, le désir de réaliser fut si fort que j'abandonnai le son pour passer à l'image. Mais la musique continua de m'accompagner dans mon travail, le Jazz en particulier est une référence incontournable car un musicien de Jazz joue dans l'insécurité, il joue un thème puis il improvise autour. Mon travail de cinéaste est le même que celui d'un musicien de Jazz, le scénario est le thème autour duquel j'essaye d'improviser. Vivre, travailler dans l'insécurité, l'imprévu me paraît nécessaire et enrichissant pour l'imagination.