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Aujourd'hui peut-être
 

A 70 ans, Bertille vend la maison dans laquelle elle a toujours vécu. Pour le jour de son départ, elle décide d'organiser un grand repas afin d'avoir toute sa famille autour d'elle.
Enfants, petits-enfants, cousins, neveux, ils venus, ils sont tous là, assemblée truculente et disparate
Autour de la table, la famille est bientôt au grand complet. Enfin presque, parce qu'il en manque un. Celui que Bertille attend plus que tout au monde, celui qu'elle attend depuis 15 ans : Raphaël, son fils, son dernier, son benjamn, son gangster en cavale, son vilain petit canard...
Quinze ans sans voir son fils, quinze ans sans nouvelles et aujourd'hui qu'elle quitte tout, elle l'espère plus que jamais.
Mais lui, est-ce qu'il viendra enfin ?

Réalisation : J-L Bertuccelli, Musique : Paul Misraki, Dialogues : Isabelle Mergault, Scénario : Isabelle Mergault et J-L Bertuccelli
Avec : Giuletta Masina, Eva Darlan, Véronique Silver, Jean Benguigui, Jean-Paul Muel, Christian Rauth, Maxime Leroux, Isabelle Mergault, Jacques Toja, Muni, Georges Staquet, René Bartève

 

 

Note : Invité à une fête de famille par Isabelle Mergault, j'ai passé ma journée à filmer cette réunion qui devait être la dernière. Arrière-grand-mère, tante, cousins, enfants, petits-enfants, tout le monde était là. Après avoir vu les images de cette journée plein d'émotion, j'ai proposé à Isabelle, avec qui j'avais déjà travaillé sur plusieurs téléfilm, d'écrire une histoire de famille qui allait se réunir pour la dernière fois. Pour la réalisation, je voulais retrouver l'idée d'une caméra qui se promène à travers les personnages comme le ferait undes parents de cette famille (ou film amateur que l'on montre à ses amis). Pour cela j'ai utilisé une Stady-Cam.
Ma rencontre avec Giuletta Masina fut le choc de ma vie de cinéaste. Enfant, mon père m'avait emmené au cinéma "Rex" voir "La Strada". Quel étrange et merveilleux destin de me retrouver 40 ans plus tard avec Gelsomona devant ma caméra... Ma première rencontre avec Giuletta fut à Rome, chez elle, avec Fellini. Je crois ne jamais avoir eu autant le trac que ce jour là... Mais elle m'a très vite mis à l'aise. Je lui ai parlé de ma vision de "La Strada" lorsque j'avais 12 ans. Puis je lui ai parlé de mon travail en lui disant que souvent, en filmant, je ne sais pas ce que je veux, mais que je sais ce que je ne veux pas... Elle m'a embrassé et m'a dit : "Alors nous allons très bien nous entendre..." Ce qui fut le cas. A mon grand étonnement, malgré son âge, j'étais le seul metteur en scène qui lui avait proposé un film en dehors de Fellini, et elle avait accepté car le scénario lui plaisait beaucoup et les renseignements qu'elle avait pris sur moi l'avait rassurée.

 

Les critiques :

 

"Le rôle de Bertille a été conçu, pensé pour Giuletta Masina. C'est la première fois qu'elle tourne en France et, pivot de l'action, elle devient, tout naturellement, le centre d'attraction de ce tableau de groupe. Cet amour maternel qui dévore Bertille, Giulietta Masina, qui a gardé la silhouette à la fois fragile et digne de Gelsomina et de Cabiria, le traduit avec autant de mesure, de délicatesse et d'émotion qu'on a pour elle le plus vif des coups de coeur et des larmes aux yeux."
Jacques Siclier - Le Monde du 22 mars 1991

"Comme chaque fois que je travaille avec un autre, je redeviens, avec Bertuccelli, une actrice responsable de son métier et d'elle-même, une femme comme les autres en somme, qui arrive à rire, à parler, à pleurer. Tout ce qui était impossible à Gelsomina. Et pourtant, pour donner au dernier rêve caché et douloureux de cette femme solitaire toute son intensité, je me suis souvenu du conseil de Frederico : "Garde la bouche fermée quand tu souris. De toutes façons ton regard le trahira"."
Giuletta Massina, propos recueillis par Anne de Gasperi - Le Quotidien de Paris du 23 mars 1991

"Ils sont tous bien campés, des plus jeunes aux plus vieux, autour de Giuletta Masina, simple et sincère en mamie boulversante. Peu bavarde, ses yeux en disent long, et surtout loin d'être gâteuse comme ils semblent tous le penser. Un joli film nostalgique."
Y.C. - Pariscope - 20 mars 1991

"Il le confirme une fois encore avec "Aujourd'hui peut-être", charmante chronique douce-amère où le cinéaste témoigne à nouveau de la qualité de son regard et de l'exigence de son écriture. Il y offre par surcroît au spectateur le privilège, devenu rare lui aussi, d'une rencontre avec la grande Giuletta Masina.
Cinéaste rare, Jean-Louis Bertuccelli (qui partage en fait sa carrière entre le cinéma et la télévision) est de ceux dont on attend toujours les nouveaux films avec un intérêt et une sympathie tout particuliers. Révélé en 1970 par le coup de maître "Remparts d'Argile", tourné en Tunisie, que suivait deux ans plus tard le somptueux "Paulina 1880" d'après Pierre-Jean Jouve, il a signé depuis lors cinq films. Chacun à leur manière, ils ont suscité la curiosité et le débat, voire la controverse, dans la mesure même où, le plus souvent, ils traitaient de faits de société, eux-même sujets aux divergentes opinions : l'amour conjugal aux prises avec le quotidien dans "On s'est trompé d'Histoire d'Amour", le cancer avec "Docteur Françoise Gailland", les multinationales avec "L'imprécateur", la vie de banlieue avec "Interdit aux moins de treize ans"... En dépit de ces constantes, Jean-Louis Bertuccelli n'en a pas moins choisi, en même temps, de surprendre à chaque film, en refusant dee s'enfermer dans un genre particulier ou dans un certain type de mise en scène, pour se manifester toujours, de préférence, là où ne l'attend pas..."

 
Vidéos :
Making-off Giuletta Masina vue par le cadreur