> RETOUR
L'Imprécateur
 

L'imprécateur démystifie le monde de l'économie et de la finance. Les personnages principaux du film ont pour seule ambition de conquérir le pouvoir et sont près à toutes les compromissions. L'un d'eux ira même jusqu'à tuer un de ses collègues suite à la promesse d'une promotion personnelle importante. Mesquins, hypocrites, corruptibles, grandiloquents, ces hommes qui dirigent des sociétés importantes sont en réalité des pantins, des marionnettes, mais pour conserver le pouvoir ils ont eu l'intelligence d'inventer un mystère à l'économie. Que quelqu'un comme l'imprécateur se mette à démonter l'extrême simplicité des lois économiques, à démonter les mécanismes du pouvoir, à dévoiler les trucs, et tout le système est menacé de destruction, d'autodestruction.

Réalisation : J-L Bertuccelli, Musique : Richard Rodney Bennet, Images : Andreas Winding, Dialogues : R.V. Pilhes, Scénario : R.V. Pilhes, Stephen Becker et J-L Bertuccelli
Avec : Jean Yanne, Michel Piccoli, Jean-Pierre Mariel, Jean-Claude Brialy, Michel Lonsdale, Marlène Jobert, Charles Cioffi

 

 

Note : Je garde deux souvenirs extraordinaires de ce film : le premier est une projection en avant-première au Palais des Congrès, devant un public de grands patrons et d'hommes politiques, pour l'anniversaire du journal "L'Expansion". A la fin de la projection, la moitié de la salle sifflait, l'autre applaudissait. Jean-Louis Servan-Schreber, pendant le cocktail suivant le film, était très géné, il avait lu le roman comme tout le monde, et se moquer des patrons avec des mots est une chose, mais l'image est plus forte...
Le deuxième souvenir est une projection en plein air, devant la Tour Montparnasse, avec la place noire de monde, étonné de voir que 15 ans après, le film était toujours d'actualité...

 

Les critiques :

 

"Jean-Louis Bertuccelli prouve qu'il a tenu compte de ce qui avait déjà été montré, en recherchant son originalité du coté du ton et de la mise en scène. A partir du roman touffu de René-Victor Pilhes, il fallait recréer un univers où le quotidien retrouve le mystère et le frisson du fantastique. A priori, "L'Imprécateur" réunit, malgré ses excès délibérés, toutes les conditions nécessaires au déclenchement d'un coup de tonnerre dans le cinéma français : s'il s'avérait que le ciel ne lui est pas favorable, ce serait à désespérer..."
Henry Chapier

"Tout cela, concocté par le romancier René-Victor Pilhes, est plutôt costaud. Ca frappe les imaginations. Bertuccelli n'a plus qu'à suivre, en concoctant à son tour un film frappant et frappeur. Pas le temps de rafinner les personnages, qui ne sont que les marionnettes de cette fable. Tout dans le muscle. Heureusement qu'ils sont intéprétés par des comédiens (Piccoli, Mariel, Brialy, Lonsdale, Yanne) dont le jeu - la présence - ajoute ce chouïa d'épaisseur qui nous évite le guignol caricatural.
Si convaincant, ce jeu, et si précise, si rapide, la réalisation de Bertuccelli qu'on se prend à croire à cette extravagante histoire de Pythie clandestine semant ses oracles furibonds sur tous les bureaux et à cette équipée grandguignolesque de tout un état-major de multinationale."

Jean-Louis Bory

 
Vidéo :
Making-off