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Le Clandestin
 

Charlotte, 80 ans, ne veut pas quitter son appartement pour aller en maison de retraite comme le voudrait sa fille. Personne n’écoute Charlotte qui radote, paraît-il et qui à son âge ne peut plus sortir de chez elle.
Un matin, un échafaudage se dresse devant sa fenêtre, le petit immeuble va être rénové. C’est Yatsek, un jeune polonais, ouvrier en bâtiment en situation irrégulière, qui va être chargé du chantier pendant 3 mois.
Charlotte va enfin avoir quelqu’un à qui parler, lui sur son échafaudage, elle à sa fenêtre. Une profonde amitié va naître, Charlotte trouvera auprès de Yatsek la compréhension qu’elle n’a pas auprès de sa famille. Une relation pleine de tendresse et d’humour s’installe entre eux, mais Yatsek oubliera un peu trop vite qu’il est clandestin...

Réalisation : J-L Bertuccelli, Musique : François Rybac, Images : Paul Boris, Dialogues : J-L Bertuccelli, Sabine Ullman et Daniel Boublil, Scénario : J-L Bertuccelli, Sabine Ullman et Daniel Boublil, Production : Laurence Bachman
Avec : Zbignen Zamachowski, Neige Dolski, Jean-Luc Buquet, Claire Prevost, Georges Staquet

 

Le Clandestin

 

Note : Dans l'immeuble en face de chez moi, au 5ème étage, j'observais depuis des années une vieille dame qui ne descendait plus de chez elle, un jeune lui portait ses courses. L'été le quartier se vidait, elle était toujours à sa fenêtre pour regarder le peu de passants qui partaient ou rentraient du travail. Je voyais bien que personne ne lui rendait visite. Un jour un échaffaudage s'est construit devant son immeuble... Un matin, dès le début des travaux de ravalement, un ouvrier s'est mis à côté de sa fenêtre. J'ai à ce moment là vu une image qui m'a bouleversée... Elle s'était mise à lui parler, lui offrir du café, enfin elle allait avoir quelqu'un avec qui elle pourrait lier une relation amicale... C'est comme ça que l'idée du scénario s'est imposée. J'ai pensé à ma mère pour créer le personnage de cette vieille dame.

 

Les critiques :

 

"Il suffit parfois de regarder par sa fenêtre pour trouver une idée de film. C’est ainsi, raconte Jean-Louis Bertuccelli, qu’est né "Le Clandestin". Une vieille femme apperçue à la fenêtre de son troisième étage parisien, visiblement seule et ne sortant guère. "Jusqu’au jour, raconte le réalisateur, où l’on a construit un échafaudage pour ravaler la façade. Elle a commencé à parler avec l'un des ouvriers, un marocain. Elle lui offrait du café, elle avait enfin trouvé qualqu'un à qui parler"."

"C'est une belle et tendre histoire, simple comme bonjour, quand le salut anodin ressemble déjà à un signe de reconnaissance. Il y avait là, prisonniers d'un immeuble deux êtres en marge, le polonais émigré clandestin et la vieille dame retirée du monde. Lui avait peur de la police, elle redoutait la maison de retraite. Lui s'exprimait mal et n'entendait rien, elle disait peu de choses, que personne n'écoutait. Ils étaient fait pour se comprendre. Pendant une heure et demi, ils donc parlé à mi-voix le langage du coeur."

"Une petite histoire d'amour en fraude offerte sans visa à deux laissés-pour-compte qui faisaient ensemble un bout de chemin infime et colossal. La parabole de l’aveugle et du paralytique était limpide, avec en filigrane, le mauvais sort des émigrés exploités, tolérés et jamais acceptés. Mais l’intelligence du film est d’avoir refusé les facilités spectaculaires du pamphlet ou de la fiction à thèse."

"Une histoire d’amitié très émouvante entre une vieille dame et un travailleur immigré. Le duo Neige Dolsky / Zbigniew Zamachowski est épatant."